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Que fêtait-on à la Saint Martin ?

L'oie de la Saint Martin
La Saint Martin était la veille de l'ancien Avent du vieux calendrier Julien. Cette période avant Noël durait 45 jours et constituait un véritable carême analogue à celui précédant Pâques. On fêtait donc Carnaval comme à Mardi-Gras. Les pays germaniques ont conservé cette fête carnavalesque du 11 Novembre qui donne lieu à de grandes festivités. A sa vigile on offrait un réveillon.  La tradition voulait que l'on mangeât de l'oie grasse ou une canne de choix. Cette fête fut jadis tout aussi importante que la Nuit de la Saint Jean.

Quel rapport existe-t-il entre l’âne de Saint Martin et l’oie ou la cane qui faisaient l’objet des délices de la table au réveillon ?

Dans la plus haute antiquité l’âne fut un animal sacré et parfois divinisé, porteur d’un sens tantôt bénéfique, tantôt maléfique, comme l’âne rouge infernal. La tradition celtique représentait des ânes à tête d’oie nommés «ânes à bec» ou  «oiseaux fées», relation faite à la Fée Mélusine lors de son envol. Dans la Vallée de Munster, en Alsace, le Père Noël, qui n’est que Sancta Klaus et son âne est figuré par la « Fée de Noël » ou la « Mère Noël». Il s'agit certainement d'un héritage des anciennes tribus germaniques dans lesquelles sociétés, la femme tenait une place différente de celle qui lui est attribuée dans nos sociétés modernes. Cette Fée de Noël alsacienne distribue au soir de la Nativité des cadeaux. Et cela n’est pas sans rappeler le vol de la déesse germanique Nertus, à la nuit du solstice d’hiver, envolée qu'elle entreprend sur son char attelé de rennes, des cervidés identiques ceux de Saint Hubert, fêté le 3 novembre.

Ânes et oiseaux ne feraient-ils qu’un ? Nombreux sont les exemples de transformations mystérieuses d’animaux, dans les mythologies indo-européennes ou orientales, soit par métempsychose ou par simple magie. Le radical du mot âne se retrouve dans celui de l’oie ou de la cane. En effet, oie en vieux germanique se traduit par Gans, Ganta, Gander etc... Ces animaux possèdent une part bénéfique, béate et bien sympathique, voir même candide. La cane est traduite par Ente en allemand et en latin anas, alors que l’âne est  traduit asinus.

Sachons encore qu’en vieil allemand l’oie se traduit par schwan, mot proche de l’appellation celtique de la fête du nouvel an, le 1er novembre, de Samain. Il faut prononcer Schouaïn. N’est-ce pas proche de Schwein en allemand ? Rien de surprenant que Novembre fut le mois où l'on sacrifiait le cochon. La Saint Martin se situe dans la décade de cet événement celtique.

Pour conclure, nous constaterons le rapport analogique qui existe entre tous les animaux. Le propre du bestiaire veut qu'ils soient tous symboles. Le symbolisme est la traduction humaine d'une même vérité, présentée sous des aspects différents.