LaToussaint, Halloween et Samain

Samin
Toussaint - Halloween - Samain (celtique)
Quand le soleil entre dans le onzième degré de la constellation du Scorpion, c'est-à-dire à la cuspide du second décan du zodiaque : l’année se meurt. Cela a lieu le soir du 31 Octobre. A cette époque, la nature semble en effet au point mort.

Cet événement cosmique marque la fin et le début de l’année celtique : Samain. Il faut prononcer «chouïan» comme Schwäin du mot germanique (luxembourgeois) qui signifie porc : l’animal sacré. La viande de sanglier, le porc sauvage, réservée en temps ordinaire au Druide, revenait à tout le peuple assemblé lors du sacrifice du nouvel an celtique.  Il n’y a pas si longtemps on tuait le cochon traditionnellement pour la Toussaint. N’était-ce pas une fête ?

Au cours de la Nuit de Samain, l’autre monde, celui des morts, venait à la rencontre de celui des vivants. Il était dangereux de s’aventurer seul dans l’obscurité ou trop loin dans la nature déserte. Les fées s'approchaient des promeneurs imprudents. Ceux-ci, par le charme de leur musique féerique, risquaient finalement d'être enlevés par ces Dames blanches [1]. Toute période de transition ou de passage est dangereuse.

Halloween, la Samain anglo-saxonne, nous revient comme une nouveauté alors que nous la connaissons depuis longtemps !  Elle est une des « Quatre Nuits des Sorcières » annuelle : Hexenuecht.  Les populations tribales celtiques tentaient, par un rite de purification intérieur, d’extirper tout le mauvais en elles. Aussi les horribles masques portés à cette occasion étaient une forme de confession du mal, que chacun avait en soi. A chacun son masque et à chacun son mal. Mais le masque permettait aussi de ne pas être reconnu par ses ancêtres, qui pouvaient également emporter les malheureux. Quant aux citrouilles, rien de neuf : qu’un simple retour d’une pratique, dont beaucoup se souviennent encore.

Les enfants de nos régions au grand soir de la Nuits des sorcières, (Hexenuecht), tentaient d’effrayer les villageois. La citrouille trop précieuse pour le monde de la terre, une betterave fourragère faisait l’affaire. Celle-ci vidée de sa chair, des yeux et une bouche prenaient forme grossièrement sous l’action des canifs des petits. Une bougie enflammée, placée à l’intérieur d'un crâne ainsi obtenu et posé sur les rebords des fenêtres à la tombée de la fameuse nuit, provoquait bien des frayeurs !

La Toussaint repose sans aucun doute sur l’ancienne fête celtique de Samain. C’est une fête joyeuse, celle de tous les bienheureux dans l’« autre monde » et le Jour des Morts est fixé au lendemain. Les jours débutaient le soir dans le monde celtique. Ainsi c’est au crépuscule de la Toussaint, que les familles se recueillaient devant leurs tombes pour enflammer des bougies blanches auprès des chrysanthèmes blancs. Ce rite chrétien est certes l’héritage de la fête celtique de la lumière.

Samain fête solaire! Le blanc symbolise la lumière, celle de l’autre monde. Les lueurs des cierges des villages voisins, aperçues au loin dans la nuit, se confondaient en quelque sorte avec le ciel ouvert aux fées. Les cimetières s’étendaient jadis autour des églises, encore un héritage celtique. Cela rappelait qu’avant d’entrer dans la lumière, il convient de traverser le tertre, c'est-à-dire l’épreuve. Enfin, il était de coutume de pratiquer à cette occasion une antique circumambulation de neuf allées-et-venues entre le cimetière et l’enceinte de l’église. Ce rite était une sorte de répétition pour l’avenir ...  (2)
 
[1] Les Banshee en irlandais, les fées ou les sorcières : d’Hexen
(2)Circumambulation : tourner en rond pour refaire un nouveau cycle. Neuf - 9 - est la totalité renouvelée